Saturday 13 March 2010   |  Login
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Les activités de recherche qui s’inscrivent dans le pôle « Stratégie et Management des Organisations » ne se définissent pas tant par référence à des catégorisations disciplinaires au sein des sciences de gestion qu’en termes de questionnements relatifs aux organisations considérées comme vecteurs et manifestations d’action collective.

Ces questionnements sont multiples. Pour reprendre une catégorisation bien connue, ils portent à la fois sur les logiques et les processus de finalisation, d’organisation ou de structuration, de mobilisation et d’animation d’acteurs, autant d’éléments qui sont en jeu dans la conception et la conduite d’un projet collectif, quelle que soit sa nature ou sa justification.

Ces différents processus intéressent depuis longtemps, selon des angles de vue ou des préoccupations spécifiques, les chercheurs en management stratégique et en gestion des ressources humaines, ainsi que ceux qui traitent des différents systèmes de gestion (systèmes comptables, systèmes de contrôle de gestion, système d’information, etc.). L’une des ambitions du pôle « Stratégie et Management des organisations » est, dans les opérations de recherche précises qui peuvent être menées, d’intégrer ces différentes perspectives de façon à rester en phase avec la réalité forcément multidisciplinaire du fonctionnement des organisations.

La prise en compte de trois propriétés ou caractéristiques des organisations permet de spécifier plus précisément la logique de recherche du pôle.

Les finalités et les objets de l’action collective sont multiples. Les organisations qui la concrétisent sont de ce fait elles-mêmes multiformes, phénomène qui a conduit à différents essais de classement et de typologies. Le pôle « Stratégie et Management des Organisations » s’intéresse à l’ensemble des organisations, qu’elles relèvent de la sphère économique, comme les différents types d’entreprise, ou d’autres sphères de vie sociale ressortissant à des logiques privées ou publiques. La saisie de cette diversité constitue en soi un défi en même temps qu’elle ouvre la voie à des multiples travaux comparatifs.

En deuxième lieu, les organisations constituent des objets « encastrés » dans des contextes ou des environnements multidimensionnels constituant à la fois des sources d’approvisionnement en ressources, de débouché pour les productions, de régulation et de normalisation. L’étude des organisations est de ce fait indissociable d’une exigence de croisement de différents niveaux d’analyse, tant pour comprendre leur dynamique interne que pour saisir l’impact des organisations sur les systèmes sociaux plus larges auxquels elles participent.

Enfin, les organisations sont des objets protéiformes, dont les changements, les transformations, sollicitent l’interprétation des analystes et les capacités de gestion des décideurs. Les transformations stratégiques, organisationnelles et contextuelles qui caractérisent le monde des entreprises depuis le début des années 80, mais aussi celui de bon nombre d’autres types d’action collective, justifient qu’un regard privilégié soit porté sur la signification et la portée de ces transformations, les modalités de leur conduite ou de leur mise en place, celles de leur diffusion à l’échelle de champs organisationnels voire de niveaux d’agrégation plus élevés. Chacun de ces types de questionnements renvoie à des débats théoriques fondamentaux, à commencer par ceux qui concernent la représentation même de l’organisation, auxquels les chercheurs du pôle « Stratégie et Management des organisations » peuvent contribuer.